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Est ce que le langage influence la pensée ?

Lorsque nous commencons à apprendre et à parler une langue étrangère, le manque de vocabulaire et de pratique fait que nos phrases sont plus courtes, plus directes et moins élaborées, rendant ainsi l’impression que notre pensée elle-même est simplifiée. Cependant des études récentes indiquent que pour un même problème éthique, les réactions sont différentes si les gens entendent le problème dans leur langue maternelle ou dans une langue étrangère. Les réactions en langue maternelle sont plus tintées d’émotions et moins rationnelles alors que celles en langue étrangère, nécessitant plus de réflection pour comprendre le problème font aussi que le cerveau est en mode moins émotionnel et plus rationnel, jugeant ainsi les questions éthiques d’un point de vue plus analytique.

Cependant, il y a aussi des mots et des concepts qui n’existent que dans une langue en particulier, par exemple l’Hygge danois, le Fernweh allemand. Est-ce qu’il faut considèrer que ces mots n’existent que dans ces langues parce que les autres n’avaient même pas l’idée de ce concept ?

A l’heure où professionnelement de plus en plus de discussions s’effectuent en anglais comme une langue commune, cela veut-il dire que seuls ceux qui ne sont pas de langue maternelle anglaise sont purement rationnels pendant les réunions ?

apprendre, pratique

Mon tailleur est riche, ou comment apprendre une langue étrangère ?

J’ai déjà parlé pas mal de voyages et d’apprentissage, mais le cas particulier des langues étrangères mérite un article à part entière.
Que ce soit pour parfaire ce qui a été commencé dans le système scolaire ou pour être capable d’échanger quelques mots avec les gens lors d’un voyage, il y a plein de moyens d’apprendre ou de se perfectionner dans une langue étrangère.

Compréhension écrite :
– Les méthodes avec souvent un livret et de plus en plus une App. C’est classique et toujours efficace… et puis il y a eu une évolution sur la méthode ‘my taylor is rich’ de nos grands-parents. Très connu en France, Assimil propose différents formats et les guides de conversation permettent de se débrouiller pour quelques jours tout en découvrant des aspects culturels importants. Rosetta Stone est aussi très recommandé.
méthodes
– trouvez un blog sur un sujet qui vous plaise et lisez en un article de temps en temps. Quand vous vous sentirez un peu à l’aise, vous pouvez même participer aux commentaires ;), et c’est la version plus interactive du Vocable de quand j’étais au lycée.
– lire, en VO. En évitant de commencer par Charles Dickens si vous n’avez ni l’habitude de lire, ni celle du vocabulaire de l’époque. Les trois premiers livres que j’ai lu en anglais étaient Le livre de la jungle, Les valeurs de la Famille Adams, et le Club de Cinq… (j’avoue je n’ai toujours pas lu de Dickens surtout parce que je n’accroche pas à son style 😉 )
livres

Compréhension orale :
– Les podcasts de l’initiation au niveau avancé, attention à ce que la personne parle de manière compréhensible, tout en vous laissant le temps d’assimiler, ou de répéter surtout pour les débutants. Il y a plein de podcasts gratuits, j’ai bien aimé CoffeeBreak de RadioLingua pour l’espagnol (ou l’allemand ou l’italien). C’est très pratique pour apprendre pendant les trajets en bus ou en voiture 🙂
– écouter des chansons en lisant les paroles, et si possible en les traduisant vous-même, cela permet d’assimiler plus de vocabulaire, de retenir mieux grâce à la mélodie et selon ce que vous écoutez de connaître du vocabulaire actuel.
– Evidemment, pour travailler l’écoute et la compréhension, utiliser la force des dvds, du streaming ou de YouTube pour regarder vos films et séries en VO avec sous-titres en VO, rien de mieux pour se former l’oreille que de suivre une histoire qui vous plait. J’avoue quand j’ai débarqué en Allemagne sans parler un mot, j’ai utilisé l’excuse de ‘pratiquer l’écoute’ pour regarder le Prince de Bel-Air à la télé ;), je ne sais pas si c’est ça ou écouter les collègues qui a le mieux fonctionné !

L’art de la conversation :
– si vous avez déjà les bases et qu’il vous faut pratiquer, pourquoi ne pas rejoindre un groupe de conversation ? Soit organisé autour d’une seule langue étrangère, soit dans un café qui propose des soirées thématiques tablées par langage.
– Des cours particuliers, si vous avez le temps, la possibilité de planifier des rendez-vous et de l’argent, rien ne vaut parler avec quelqu’un dont s’est la langue maternelle pour acquérir le bon accent, attention par contre à aussi comprendre les bases de grammaire.

Le Vocabulaire :
– si vous êtes comme moi et avez besoin d’un support visuel pour mieux assimiler, n’hésitez pas à recopier les cours, noter le vocabulaire entendu dans un podcast ou créer des fiches à réviser (j’utilise Anki pour sa simplicité à créer mes propres fiches et à utiliser la révision espacée, mais il y a des jeux de fiches de vocabulaire sur Cram et Quizlet).
anki creole

Evidemment si vous le pouvez, apprenez avec quelqu’un, cela fera toujours une personne avec qui échanger quelques mots, quelques phrases et les progrès de l’un et de l’autre vous motiveront surtout si vous partez ensemble en vacances comme récompense.

L’important c’est de pratiquer et d’utiliser vos forces : si vous mémorisez facilement ce que vous entendez, utiliser les chansons à la radio, si vous aimez lire, plongez dans un bon bouquin.

Avez-vous appris une nouvelle langue depuis vos études ? Comment vous y êtes vous pris ?
 

apprendre, pratique

Les outils pour apprendre : Vocabulaire

Suite à l’article du 1r septembre sur l’apprentissage, Rhi-Peann m’a envoyé un lien sur le fait de construire son propre lexique pour améliorer l’apprentissage.
Cela a d’abord résonné en moi avec le fait que je suis en train de débuter dans une nouvelle langue et que jusqu’à présent je n’avais que mes notes organisées par leçon et pas de lexique/liste de mots.

Mais à partir de là, je suis tombée dans le sujet de la manière optimale d’apprendre. En particulier quelque chose qui s’appelle SRS, (spaced repetition, ou répétition espacée).
L’idée derrière SRS est que nous apprenons par répétition et que quelque chose qui est appris facilement n’a pas besoin d’être revu aussi souvent qu’un mot difficile.
Auparavant ce type de répétitions pouvait être mis en place par un instituteur (la répétition des tables de multiplication tous les matins ;)) ou de manière indépendante (un tas de fiches cartonnées que l’on revoit régulièrement).

En notre ère ultra connectée, il y a des outils qui permettent de faire cela très bien. J’ai découvert Anki, logiciel gratuit, application web et application mobile, qui permet de faire exactement cela : réviser une liste de questions/réponses et les revoir en fonction de leur difficulté.
Ce qui m’a particulièrement plu dans Anki (en plus que ce soit gratuit et disponible sur Android), c’est qu’il existe déjà beaucoup de sujets mis en fiche mais qu’il est possible très simplement de créer son propre tas de fiches !
Comme la langue que j’étudie n’est pas en fiche, je suis en train de me constituer un paquet de fiches (vocabulaire basique, verbes, conjugaisons, expressions fréquentes, formes de phrase).

Selon certaines théories, avec des phrases de base et un vocabulaire de 250 mots, on peut commencer à parler. D’autres considèrent que le vocabulaire pour comprendre 80% de ce qui est nécessaire est beaucoup plus large.
En tout cas, il est assez facile de trouver sur internet des listes de vocabulaire de base qui permettront une bonne base à étoffer selon son propre besoin.
Une approche est d’éviter la traduction dans les fiches et de privilégier les images, cela est sensé rendre l’assimilation plus rapide et correspond bien avec le moment où l’on commence à parler couramment et où on ne traduit plus dans sa tête avant de parler.
Il est facile de trouver des images sur internet et de les ajouter dans le paquet Anki correspondant.
Je me construis donc un joli assortiment, à défaut de faire les dessins moi-même.

Cette idée des images m’a aussi donné envie de créer un autre jeu de cartes qui serait une base de poissons de marin, pour améliorer mon taux de reconnaissance lorsque je suis en plongée !
Oui j’admets, je geeke totalement pour le coup !
anki desk poissons

Et je suis sûre qu’il y a plein d’autres applications à un tel outil que je n’ai pas encore découvertes.
Est-ce que ça vous donne des idées ?