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Les mystères de la mémoire

Voici un résumé de la conférence du même titre de Michel Cymes, jeudi 19 novembre à Toulouse. Les images et chiffres cités ci-dessous sont extraits de la conférence ou des documents associés.

Fonctionnement du cerveau et de la mémoire

Le cerveau pèse environ 1.4kg soit 2% du poids du corps, utilise 20% de l’énergie totale. Il contient 100 milliards de neurones qui sont chacun connectés à 1000-15000 autres neurones.
La communication entre les neurones se fait via des neurotransmetteurs (tels que dopamine, sérotonine…) au niveau des synapses.
Nous perdons 100 000 neurones par jour, mais ils se reconstituent à tout âge.
Lorsque l’on arrête de se servir de la mémoire, on la perd plus rapidement.

Le processus de mémorisation se décompose en encodage (acquisition des informations grâce à nos sens), stockage (maintien de l’information dans le temps), consolidation (période de répétition automatique par le cerveau pour que l’information soit retenue plus longtemps), rappel et récupération (restitution de l’information, plus le nombre d’association avec l’information est élevé plus facile sera la récupération).
L’encodage est assuré par l’hippocampe qui transmet l’information aux lobes pour le stockage.

Le stockage des informations a lieu dans les différentes parties du cerveau :

  • le lobe frontal stocke les informations de vigilance et les émotions,
  • le lobe temporal stocke le langage,
  • le lobe occipital stocke les informations visuelles,
  • le lobe pariétal stocke les gestes.

Le vieillissement entraine :

  • au niveau du cerveau :
    • diminution de la taille du cerveau,
    • diminution du nombre de neurones,
    • diminution des neurotransmetteurs,
    • raréfaction de la matière blanche.
  • au niveau général :
    • diminution de la perception cognitive et sensorielle,
    • diminution des fonctions motrices,
    • diminution du sommeil,
    • troubles de l’humeur,
    • apparition des maladies dégénératives.

Les différents types de mémoire:

  • sensorielle, active en 0.5 secondes,
  • court terme, dure environ 10 secondes, contient jusqu’à 7 informations en même temps, celle qui permet de retenir un numéro de téléphone juste assez longtemps pour le composer,
  • long terme, sur la durée, voire à vie. Elle peut être explicite (on souhaite retenir quelque chose) ou implicite (sans décision de notre part), l’apprentissage peut être conscient (les tables de multiplication ;)) ou inconscient.
  • sémantique, les connaissances générales dont on ne sait pas d’où elles viennent,
  • procédurale, physique que l’on n’oublie pas (marcher, parler, faire du vélo).

schéma types de mémoire

Un des premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer est la difficulté à apprendre car les premières lésions apparaissent sur l’hippocampe.
Les dernières recherches ont montré que des plaques amyloïdes se forment dans le cerveau et ont une influence sur le développement de la maladie d’Alzheimer. Elles sont détectables par IRM entre 10 et 20 ans avant le début des troubles. Des pistes de recherche visent à retarder l’arrivée des plaques ou les faire disparaître.

Quand consulter ?

  • si on a des antécédents familiaux,
  • s’il y a des troubles significatifs de la mémoire, au point où l’entourage le remarque,
  • s’il y a diminution des capacités (dans la vie de tous les jours, démotivation…)

Qui consulter ?
Le médecin généraliste qui pourra faire les premiers tests et diriger vers une consultation mémoire avec un gériatre ou un neurologue.

Comment optimiser sa mémoire ?

On ne peut pas tout mémoriser, mais certains facteurs aident à la rétention d’information.

l’attention et la concentration,

  • être conscient de l’environnement et des actions que l’on fait,
  • répéter et relire plusieurs fois,
  • écrire renforce la mémorisation,
  • faire des pauses après 90 minutes d’activité intellectuelle pour faciliter la mémorisation,

les perceptions sensorielles,

cumuler les sens comme se concentrer sur la vue et l’ouïe, augmente la quantité d’information stockée et les connexions qui rendent le rappel plus facile.

stimuler la mémoire,

chaque type de jeux travaille une mémoire différente (mots croisés : mémoire sémantique, jeux de chiffres : mémoire de travail, jeux de cartes : capacité de stockage de la mémoire), mais le plus important c’est de leur faire par plaisir plutôt que parce qu’il le faut.
Prendre plaisir à ce qu’on fait génère des endorphines qui aident le fonctionnement du cerveau et de la mémorisation.

Une vie saine et équilibrée

aide à la bonne santé du cerveau et à garder une mémoire en bon état de marche.

  • Avoir une activité intellectuelle régulière et stimulante,
  • Pratiquer de l’activité physique, au moins 30 minutes de marche 5 fois par semaine, cela aide à diminuer les plaques amyloïdes dans le cerveau.
  • Une alimentation équilibrée contenant de la vitamine B (pour les connexions nerveuses), des sucres lents (pour l’énergie), du Magnésium, du Zinc, des fruits et légumes et des lipides (pour les Oméga 3).
  • Le sommeil de bonne qualité permet de mémoriser les informations par consolidation (répétitions en automatique).

 

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équilibre, santé

Bien-être et Travail

Voici un résumé de la conférence du même titre de Michel Cymes, mercredi 27 mai à Toulouse. Les chiffres cités ci-dessous sont extraits de la conférence ou des documents associés.

photo Conf

6 salariés sur 10 ont des problèmes de santé liés au travail, dont 44% de stress.
Le stress en lui-même est juste une réponse naturelle du corps à une mise en danger (pour pouvoir soit fuir soit combattre en cas de danger), mais à la longue, il devient pathogène.

Les symptômes d’un stress trop élevé :
– migraine, tension artérielle, problèmes de peau,
– fatigue, vieillissement, déficit nutritionnel,
– anxiété

Il y a trois facteurs d’organisation aggravants le stress en entreprise :
– absence de marge de manœuvre, de contrôle et d’autonomie
– manque de soutien social (collègues), et exigences émotionnelles (sourire, bonne humeur imposés)
– exigences psychologies (perte de sens, surcharge de travail, insécurité de la situation de travail)

Le stress peut aussi venir d’une accumulation de petites choses, comme la complexité des trajets domicile-travail.

Il existe des tests/échelles qui permettent de mesurer les degrés de stress ou de risque de burn out :
– échelle de Holme et Rahe, quantifie les facteurs de stress en fonction des situations de vie questionnaire1
échelle de Maslach (2005), quantifie les risques de burn-out questionnaire2
stressomètre entrepreuneurial, pour les responsables d’entreprise 3

3 millions d’employés sont estimés être en risque de Burn Out.
Les signes avant-coureurs en sont :
– palpitations, anxiété,
– fatigue générale, maux de tête,
– perturbations alimentaires,
– troubles du sommeil,
– augmentation des utilisations de produits addictifs (tabac, alcool, médicaments)
– émotivité accrue,
– difficulté à fournir un effort physique.

Une fois le burn-out en place, on constate :
– émoussement des émotions, perte de contacts,
– sentiment d’impuissance et pessimisme,
– sentiment d’être inutile,
– dépersonnalisation, cynisme,
– difficultés de concentration,
– remise en question sociale, (famille et amis).

Les personnes les plus investies sont les plus à risque. Le fait de vouloir tenir à tout prix, par sentiment de culpabilité ou pour ne pas être mal vu est dangereux parce que la situation ne peut qu’empirer.

Comment combattre les risques :
– dormir suffisamment,
– avoir une activité physique régulière,
– une alimentation équilibrée,
– éviter les excitants (tabac, alcool) qui n’offrent qu’un soulagement temporaire au stress,
– déconnecter. L’emprise du travail augmente pour tous lorsque 61% des employés consultent leurs mails professionnels le soir, le week-end et pendant les vacances.
– sortir de l’isolement. Si l’on perçoit qu’un collègue est en train de s’isoler, essayer d’ouvrir le dialogue. Une personne en stress n’ira pas facilement vers les autres.
– parler du problème, si possible à l’intérieur de l’entreprise (hiérarchie, médecine du travail, délégués du personnel…), sinon avec son médecin généraliste ou des gens dans la même situation,
– avoir un réseau social au travail. L’implication au travail est multipliée par 7 lorsqu’il y a un lien d’amitié fort dans l’entreprise. Etre entouré d’un collectif dans l’entreprise permet de mieux résister et de mettre en place une résistance groupée.
– savoir dire non, à des sollicitations trop fortes. Si la sollicitation se transforme en injonction, envisager de partir (du poste pour être replacé dans un autre département de l’entreprise, ou de l’entreprise elle-même).

Les entreprises ont un devoir de protection de la santé physique et mentale des salariés.
Les programmes de bien-être en entreprise augmentent de 56% le bonheur des salariés et de 8% la productivité. Pour 1€ investi dans le bien-être le retour sur investissement est de 13€.

Avez-vous déjà subi des situations de stress voire de burn-out au travail ? ou vu un collègue les subir ?
Quelles seraient vos conseils ?
 


  1. questionnaire interactif sur Passeportsante.net 
  2. questionnaire interactif sur masef.com 
  3. développé par O. Torres (présent à la conférence) pour l’observatoire Amarok